Alors que de nombreuses femmes soutiennent la Résidence Alternée comme élément d’émancipation (Pétitition des femmes en faveur de la résidence alternée), le HCE et certaines associations (Federation Nationale Solidarite Femmes -Fnsf-, Collectif Feministe Contre Le Viol -CFCV- Association Internationale Des Victimes De L’inceste – Aivi, Alliance Des Femmes Pour La Democratie, Enfance Majuscule Comite Danan Bretagne, Institut En Sante Genesique, Association Memoire Traumatique Muriel Salmona, Abandon De Famille, …) essaient de bloquer tout changement de paradigme de la justice familiale qui favoriserait la co-parentalité et la Résidence Alternée.

En plus d’être la risée des féministes belges, ces associations pro exclusion parentale reprennent les mêmes argument éculés d’il y a quelques années qui ont été pourtant déconstruit, notamment dans cet excellent communiqué de presse du 9 décembre 2013 de l’association Le Furet (petite enfance & diversité) que nous citerons abondamment.

Voici les différents arguments des pro exclusion parentale et leurs réfutations :

1- L’argument Cendrillon ou la paupérisation des mères 

Lors des débats sur la proposition de loi  Latombe il a beaucoup été question des conséquences financières de la mise en place de la Résidence Alternée qui a été faussement présentée comme fragilisant les mères.

Le modèle de la mère au foyer éducatrice des enfants est en effet “menacé par le nouveau modèle de la coparentalité et du travail des deux conjoints, qui correspond davantage à la fois aux aspirations des femmes et à la réalité économique.” (Communiqué de presse du 9 décembre 2013 de l’association Le Furet)

Ce conservatisme est étonnant alors même que Résidence Alternée est au contraire un vecteur de l’égalité femmes hommes qui permet aux femmes de ne pas être pénalisées au niveau professionnel (Concept du plafond de mère). Nous sommes là bien éloigné de l’intérêt de l’enfant qui semble se confondre avec l’intérêt financier du parent gardien.

En tout cas, la Résidence Alternée ne dispense pas le parent le moins aisé de recevoir une pension alimentaire et il faut relever que de nombreux hommes se retrouvent aussi précarisés lors des séparations

2- L’alibi victimaire ou la tarte à la créme de la généralisation de la violence et de l’emprise :

Il ne s’agit pas bien sûr de confier l’enfant à un parent violent. Nous prônons une tolérance zéro des tribunaux face à la violence mais aussi face aux fausses accusations.

Le mode de garde réduit ne réduit pas le nombre de passage de bras pas plus qu’il n’empêche  les violences, au contraire il attise les tensions et avive le conflit. La violence reste minoritaire et les conflits conjugaux liés à la séparation ne sont pas des violences conjugales. Les violences féminines ne sont pas rares et les violences faites aux enfants majoritairement le fait des femmes, ce qui , si l’on suivait la logique des opposants, suffirait à justifier l’interdiction de la résidence chez les mères. La résidence alternée protège au contraire les enfants des violences en instaurant la coparentalité.

“En ce qui concerne la violence masculine, c’est encore une fois la fonction des juges et de ceux qu’ils mandatent d’évaluer ces situations, tout comme ils ont à évaluer des situations possibles d’emprise maternelle.” (Communiqué de presse du 9 décembre 2013 de l’association Le Furet)

3- Le déni statistique : 

Le paradoxe veut que ces associations font tout un battage pour empêcher que la Résidence Alternée devienne la référence, alors qu’elles insistent sur le fait que les pères n’en veulent pas. Nous avons traité le sujet des statistiques ici. Peut-on systématiquement demander à grand frais de procédure quelque chose qu’on est quasi certain de se voir refuser si la mère s’y oppose ?

Il ne faut pas connaître ou travestir la réalité des tribunaux familiaux pour ne pas savoir qu’en cas de désaccord à 75% la résidence est fixée chez la mère et que la plupart des jugements constituent des copier coller des demandes des mères. Les pères sont trop souvent déboutés de leur demande sur des motifs totalement arbitraires qui ont très peu à voir avec le bien être des enfants, tel le conflit parental. Le système judiciaire actuel en cas de désaccord sur le mode de résidence pousse au conflit car c’est un moyen sûr de faire obstacle à la mise en place de la résidence alternée. Il existe beaucoup de mères qui ont ainsi obtenu la résidence principale tout en ayant usé de violences psychologiques pour aiguiser le conflit. Poser la Résidence Alternée comme première option contribuerait à dédramatiser les ruptures et pacifier les séparations, protégeant ainsi les enfants.

Certaines mères vivent aussi la douloureuse expérience d’être coupées de leurs enfants et ces mêmes associations parlent alors de “désenfantement”. Nous militons pour la Résidence Alternée pour éviter ces ruptures de lien.

4-La caricature de l’épouvantail masculiniste :

Le HCE et ces associations  prétendent que la Résidence Alternée est portée par des mouvements masculinistes conservateurs alors qu’au contraire les plus fervents opposants à la Residence Alternée appartiennent à Sens commun (La Manif pour tous – proposition de loi 326) et que le HCE reprend ainsi la même limite d’âge totalement arbitraire de 7 ans pour proscrire une résidence alternée.

Il n’y a pas de mouvement masculiniste en France, c’est un fantasme inversé. Il n’est pas possible de faire barrage à une mesure égalitaire et émancipatrice par une grossière caricature face à des pères aimants. Comme pour le mariage homosexuel, on ne peut arrêter des mesures d’égalité.

Ainsi “(…)la réalité des jugements actuels, qui accorde la résidence principale à la mère en cas de litige sur le mode de résidence, nous semble bien être un vestige du patriarcat, qui accorde l’os de la « prévalence maternelle » pour mieux fermer aux femmes la route de l’égalité citoyenne. S’il est toujours indispensable de lutter contre la domination masculine sous toutes ses formes, et d’abord au sein de la vie privée, il est tout aussi indispensable de lutter contre une inégalité devant la parentalité, dont certains pères subissent aussi violemment les effets. Il n’y a pas d’exception à l’exigence démocratique, et l’affirmation, dont nous continuons de nous soutenir avec vigueur, que « le privé est politique » est valable aussi pour demander justice pour les pères.” (Communiqué de presse du 9 décembre 2013 de l’association Le Furet)

5-L’argument biblique de Salomon :

“La protection de l’enfant se pose indifféremment quand la parité du temps passé chez l’un et l’autre des parents, ou l’obtention de la résidence principale, deviennent des enjeux haineux. L’imposition d’une parité absolue, dans un climat de déchirement, sans considération pour chaque situation singulière, revient à appliquer le jugement de Salomon : couper un enfant en deux comme s’il était une chose à répartir entre les parents. Cependant la même question se pose pour l’enfant lorsqu’il se trouve assigné à la résidence maternelle alors que son père a été réduit au silence quant à son choix, ou même parfois « banni » par son ex-compagne. Prévenir la mise hors jeu d’un père, n’est-ce pas aussi  protéger l’enfant comme sujet ?

D’emblée les enfants se retrouvent partie prenante de l’organisation familiale élaborée par leurs parents, et n’y sont pas annexés comme le laisserait entendre l’injonction à visée culpabilisante de faire passer l’enfant d’abord.” (Communiqué de presse du 9 décembre 2013 de l’association Le Furet)

6-La supercherie des 2 maisons et de la valise :

Il est reproché d’imposer à l’enfant de vivre dans une valise entre deux maisons. L’alternance de résidence, de fait, existe, car la plupart des enfants circulent entre les deux domiciles, même dans le cadre de droit de visites et d’hébergement restreints. Et, c’est au contraire en résidence alternée que les enfants n’ont justement pas de valise.

7- Le prétexte de l’entente préalable ou la justification d’un droit de véto :

Les opposants soutiennent que pour le bon fonctionnement d’une Résidence Alternée celle-ci devrait être consentie des deux côtés et non imposée.

L’entente n’est en fait pas une condition pour une Résidence Alternée, au contraire la Résidence Alternée diminue le conflit et résorbe le conflit . Le parent malveillant créé justement le conflit pour éviter sa mise en place. Quand des droits de visite et d’hébergement restreints (4 jours chez l’un 26 jours chez l’autre) sont imposés le conflit persiste et cela ne fonctionne pas mieux. Vous pouvez consulter à ce sujet notre article “Reconsidérer la question de la résidence alternée et du conflit” .

Les droits de visite restreints créent un déséquilibre entre le parent gardien et le parent “visiteur”, et cette solution non consentie ne fait qu’alimenter le conflit qui est nocif pour les enfants, alors que la Résidence Alternée pose un cadre stable et égalitaire.

8-Le faux argument de la pluralité :

Ecoutons l’argument des opposants : “A quel titre l’état leur imposerait une gestion des enfants après la séparation plutôt qu’une autre ?”

De facto, il ne s’agit pas d’imposer la Résidence Alternée, mais si il y a bien un modèle imposé plus que l’autre, c’est bien celui de la résidence exclusive chez la mère.

“Les résidences alternées sont organisées par les parents eux-mêmes dans la très grande majorité des cas. Leur propre intérêt n’est pas posé avant celui de leurs enfants, mais en harmonie avec celui-ci.” (Communiqué de presse du 9 décembre 2013 de l’association Le Furet)

9-Le sophisme anti-égalitaire du non partage des tâches :

Ou comment justifier le maintien d’une inégalité au nom de l’égalité !

Il faudrait faire obstacle à la Résidence Alternée au nom d’un soit disant non partage des tâches généralisé avant la séparation alors que justement la Résidence Alternée est égalitaire puisque les pères séparés dans une résidence alternée se trouvent à partager réellement toutes les tâches.

10-a L’alibi pseudo-scientifique …

Même si ils ne font plus partie des arguments majeurs, depuis que l’état de la recherche a amplement prouvé les bienfaits supérieurs de la Résidence Alternée, l’on retrouve toujours les mêmes fausses vérités d’un collectif  “scientifique” sur les dangers de la Résidence Alternée chez les jeunes enfants, composé seulement de 40 membres et mené par Bernard Golse, Maurice Berger et Jacqueline Phelip, dont les positions psychanalytiques sont largement remis en caus par les méta-analyses. Ils prétendent abusivement qu’il existe un consensus chez la majorité des professionnels.

Chacun sait que l’intérêt de l’enfant c’est de pouvoir aimer, et d’être aimé et éduqué par ses deux parents. Les études les plus sérieuses et récentes montrent qu’un temps minimum de 35% avec chacun des parents est essentiel pour un bon développement. L’inverse augment les risques de troubles sexuels  , de dépendance aux drogues, au tabac, les risques de violence et d’être victime eux mêmes de violence. Les enfants en résidence alternée réussissent mieux scolairement que toutes les autres (y compris que les familles non séparées). Les méta analyses récentes à ce sujet, dont celle de Linda Nielsen, balaient les théories des opposants et l’état de la recherche montrent que toutes les études de tous les pays aboutissent aux mêmes résultats.

10-b et son postulat sans fondement d’une limite d’âge à sept ans

Voici ce que l’on peut lire chez les partisans de l’exclusion parentale : “(..)Ce mode d’alternance imposé en justice, met en place un rythme de vie séquencé qui pour les jeunes enfants peut entraîner des troubles suffisamment graves, pour que puisse s’appliquer un principe de précaution  demandant qu’aucune décision de résidence alternée ne soit imposée judiciairement avant l’âge de sept ans.”

Il est étonnant de voir que le HCE  et ces associations reprennent la même contre vérité scientifique et défendent la m^me prévalence maternelle que les militants de la manif pour tous .

En tout cas, les études récentes et le modèle suédois avec la Résidence Alternée privilégiée montrent au contraire que les enfants même en bas age ont une qualité de vie et une santé psychologique équivalent aux enfants non séparés et que les problèmes sont plus importants chez les enfants en résidence exclusive.La Résidence Alternée préserve même les très jeunes enfants des conséquences de la séparation parentale.

Nous finirons cet article en rappelant l’avancée que serait la reconnaissance de l’égalité de droit entre les pères et les mères :

“Poser les termes de « résidence alternée » comme principe de base ordinairement accessible, lors de la séparation d’un couple, revêt une signification importante, parce que ce principe rétabli, sur un mode concret, l’égalité des deux parents devant l’exercice de la parentalité. Il cesse de séparer une seconde fois les deux parents, qui viennent requérir la justice, en un parent qui obtient la « résidence principale », presque toujours la mère, et un autre parent qui obtient « un droit de visite et d’hébergement » (non assorti d’un devoir), presque toujours le père.

Il est important de réaliser en quoi ces formulations exercent sur les pères une violence symbolique, et une injustice. Si les parents sont égaux devant l’autorité parentale, le terme de résidence doit leur être appliqué à tous deux, ainsi que les droits et devoirs qui s’y rapportent. L’alternance de résidence, de fait, existe, car la plupart des enfants circulent entre les deux domiciles. Mais il existe un déficit de valeur accordée à un des domiciles, et ce déficit inacceptable doit cesser.

Enfin, nous savons que les dispositions actuelles font partie des éléments qui favorisent des défections paternelles très préoccupantes : près de la moitié des enfants de parents séparés ne voient plus ou peu leur père.

Promouvoir l’alternance de résidence comme solution « ordinaire » nous semble donc un acte de justice, conforme au respect du droit de chaque parent dans l’espace familial.” (Communiqué de presse du 9 décembre 2013 de l’association Le Furet)