Avant propos : Toutes les études citées ( Warshak; Nielsen ; Fabricius et Malin Bergstrom) sont disponibles, traduites en français (sauf Warshak) dans l’article “Développement de l’enfant : les dernières études de référence”

Soutenant l’exercice des gardes paternelles de nuit au cours des trois premières années de l’enfant, Warshak (2014), publié avec le soutien de 110 psychologues du développement et professionnels de la santé mentale, affirme que la littérature et la théorie prises dans son ensemble justifient l’exercice fréquent des gardes paternelles de nuit, ces dernières étant bénéfiques à la relation père-enfant, et sans préjudice pour la relation mère-enfant. Nielsen (2014) affirme que le débat sur les gardes paternelles de nuit n’est que le dernier exemple d’un certain militantisme, en l’occurrence celui des opposants à ces modalités de garde dans le cas des jeunes enfants, avec la mise en avant et l’interprétation biaisée d’une ou deux études dans le but d’influencer la politique.

Une étude de William Fabricius  qui s’appuie sur les critiques faites aux précédentes recherches pour adopter une méthodologie plus valide, montre que la résidence alternée dès le plus jeune âge, moins de 2 ans, a des répercussions favorables jusqu’à l’âge adulte. Cet arrangement minimise les effets négatifs de la séparation des parents. Cette publication montre que la résidence partagée à l’âge 2 ans contribue à l’établissement de meilleures relation parents-enfants ; toute perte de temps parental de nuit à l’âge de 2 ans n’est pas compensée par le temps parental ultérieur. L’augmentation du temps parental de nuit avec le père est associée à des relations plus sécures avec chacun des parents, ce qui permet de mieux affronter les défis et incertitudes du début de l’âge adulte. Un attachement multiple et positif a pu être constaté.

En utilisant les données de 3656 Suédois, l’étude de Malin Bergstrom montre que les enfants âgés de 3 à 5 ans en résidence alternée ont un niveau de symptômes psychologiques identique à ceux des familles intactes, et moins de problèmes que ceux vivant principalement avec un seul parent. Il est possible que l’accès de l’enfant à deux parents engagés soit plus important pour son bien-être psychologique que les problèmes associés à un déplacement constant entre deux domiciles. Le fait d’avoir un père engagé s’est avéré, dans de nombreuses études, tout particulièrement important pour la santé mentale et le processus de développement de l’enfant. De plus, il est possible que les deux parents ressentent moins de stress dans l’exercice de la parentalité en étant à même de mieux équilibrer travail et devoirs parentaux et de récupérer, étant sans enfant une semaine sur deux. Moins de stress et plus de temps à consacrer à l’enfant pourraient mener à de meilleures pratiques de parentalité et à un plus grand engagement dans les activités avec l’enfant, favorisant ainsi son développement.

Mme Côté conseille d’adapter la périodicité des alternances à l’âge de l’enfant. L’alternance de 2 et 5 jours est une solution pour le bas âge, en n’entraînant pas plus d’alternance qu’une garde classique avec droits élargis. La psychologue Elodie Cingal en décrit le fonctionnement dans un ouvrage “ma famille recomposée, mode d’emploi pour le bonheur”  et aussi sur son blog.

Ce témoignage propose un cas concret de résidence alternée positive de type 2-2-5-5 pour une petite fille de 2 ans.