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Un des arguments des militants de l’exclusion parentale pour s’opposer à la généralisation de la Résidence Alternée ou de toute mesure visant à la favoriser est de dire que les pères n’en veulent pas.

De fait, il n’existe que très peu de statistiques de références. Celles communément citées par les opposants à la résidence alternée sont les statistiques du Ministère de la Justice de 2013 qui ne portent que sur un échantillon restreint de 6 042 décisions définitives (soit 73% de l’échantillon total, ayant concerné 9 399 enfants). Le numéro 239 d’Infostat Justice de Décembre 2015, intitulé “Le regard des divorcés sur la résidence de leurs enfants” lui porte sur un échantillon de 66400 divorces sur l’année 2012: http://www.justice.gouv.fr/art_pix/infostat_139_20151217.pdf .

Passons tout d’abord, sur le paradoxe de refuser une loi en criant au loup, alors même que l’on prétend que cela ne concerne que quelques cas isolés ce qui implique qu’il y aurait du coup peu d’incidence. Cette argutie ne servirait-elle pas  à minimiser l’importance de la demande des pères?

Ces associations, prêtent à clouer au pilori la justice familiale dès qu’elle n’est pas favorable aux mères prétendent que les pères sont satisfaits à près de 95% des cas dans et que les mères le sont dans 98 % des cas.

De fait, l’étude Infostat révèle que la décision des juges serait conforme à la demande des deux parents dans 83 % des cas. Mais si l’on se penche sur la conformité des décisions des juges aux demandes des parents en cas de divorce contentieux (tableau 3) l’on remarque que :

-d’après les pères, lorsque la garde a été attribué à la mère, la décision n’est conforme à leur décision que dans 4 % des cas et à celle de la mère dans 48 % des cas. En d’autres termes si vous demandez la garde et que la mère s’y oppose vous ne serez entendu que dans 4 % des cas selon l’avis des pères et dans 2 % des cas selon l’avis des mères.

-d’après les mères, lorsque la garde leur a été attribué, la décision est conforme à leur décision dans 44 % des cas et à celle du père dans 2 % des cas.

Ce qu’il en ressort est que rentrez en conflit avec la mère qui ne souhaite pas de résidence alternée est voué à un échec quasi certain.Il ressort aussi que les mères sont plutôt opposées à la garde alternée.

Ainsi, il est admis que si il y a désaccord dans 75 % des cas la résidence est fixée chez la mère, celle ci exerçant donc un quasi droit de véto inacceptable sur le devenir des enfants.

Après divorce, un peu plus de sept enfants sur dix (73%) vivent ainsi uniquement chez la mère, moins d’un sur dix (7%) chez le seul père et moins de deux sur dix (17%) vivent en résidence alternée, le plus souvent avec une alternance hebdomadaire. Il est a noté que ce chiffre reste très bas au niveau européen.

La justice familiale contribue à la rupture de lien et exclu un très grand nombre de pères de la vie de leurs enfants, ainsi 65% des enfants vivent principalement avec leur mère sans résider régulièrement chez leur père (Source : Insee – N° 1647 – Mai 2017 Vivre dans plusieurs configurations familiales)

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La perception qu’ont les pères quand ont leur demande directement leur avis tranche en tout cas nettement d’avec le taux de satisfaction excessif de 93 %. Il est à noter qu’il s’agit de pères non encore divorcée (Source : Etude de l’UNAF – “Etre père aujourd’hui” – 16/06/2016 ) .

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La question qui reste est bien la suivante : Peut-on systématiquement demander à grand frais de procédure quelque chose qu’on est quasi certain de se voir refuser si la mère s’y oppose ?