Avant propos :  les études  Nielsen et  Fabricius citées dans cet article  sont disponibles, traduites en français dans l’article “Développement de l’enfant : les dernières études de référence”

Nielsen, dans une publication des plus rigoureuses reprend les études passées avec une approche scientifique. Elle en relève les éventuels biais et prolonge les conclusions. Ainsi, l’étude Johnston et ses collègues (1989) est citée régulièrement pour fustiger la résidence alternée. Or,c’est le fait de se servir de l’enfant dans le conflit qui lui est néfaste. En cas de haut conflit, les chercheurs préconisent donc d’organiser les transitions dans un lieu neutre, la crèche ou l’école par exemple. Linda Nielsen cite également l’étude de McIntosh, en Australie, qui comporte des biais méthodologiques reconnus par leurs auteurs eux-mêmes qui avouent que de nombreux parents qui n’avaient plus la responsabilité de leurs enfants avaient rompu tout contact, ce qui explique l’absence de conflit en résidence pleine! Cette étude australienne est cependant régulièrement utilisée en France pour soutenir que la résidence alternée serait néfaste aux enfants.

Mieux, la résidence alternée apparait au contraire comme un moyen de diminuer le conflit et certainement la moins pire des solutions même en cas de conflit.

Poussin a écrit sur ce sujet (G. Poussin, 2016, Revue scientifique sur les familles séparées, Vol. 10, Les enfants, ça leur fait quoi au juste). Le conflit se définit par l’intégration de l’enfant dans le conflit, sa continuité dans le temps, une incapacité à communiquer à propos de l’enfant, la manipulation d’un parent, ainsi qu’une absence de conscience des effets dévastateurs d’une culpabilisation de l’enfant et des disputes parentales. C’est davantage le conflit parental que le divorce qui a des effets néfastes sur la santé psychique des enfants (risque de dépression, d’addiction, de conflit conjugal, d’affaiblissement de l’estime de soi).

Amato et Rezac (1994) ont étudié le conflit en fonction du mode de garde. Sur 33 études qu’ils ont examinées 18 montrent que les enfants se portent mieux lorsqu’un contact fréquent est maintenu avec le parent non gardien et 9 études trouvent aucune corrélation. Leur étude montre aussi une différence entre les impacts du conflit sur les filles et les garçons

D’après Fabricius, même lorsque le niveau de conflit entre les parents est très élevé, que le désaccord sur le principe des nuits semblent insurmontable, et que l’enfant est âgé de moins d’1 an, il est fort probable que les relations des deux parents avec l’enfant soient, à long terme, positivement influencées par l’instauration du temps parental de nuit, jusqu’à un nombre de nuits aux domiciles des parents également réparti entre ces derniers. Ses résultats indiquent que les conflits parentaux dans la norme, les désaccords au sujet des gardes de nuit, et les enfants âgés de moins d’1 an ne constituent pas des circonstances demandant prudence ; au contraire, l’augmentation du temps parental de nuit semble indiquée dans ces cas.

Enfin, il est nécessaire d’augmenter le temps parental afin de dépasser les effets délétères du conflit parental sur les relations père-enfant. La résidence alternée a un effet bénéfique.

Ce témoignage l’illustre bien. Les cours d’appel ont également évolué sur cette question et reconnaissance même la résidence alternée comme solution au conflit