Il semble  qu’il en est des scientifiques comme  des parents lors des audiences devant le Juge aux Affaires Familiales : celui qui est de  mauvaise foi est souvent  le plus écouté et cru.

Ainsi, Maurice Berger, influent pédopsychiatre médiatique, dont les travaux ont servi de base à la formation des futurs Juges aux Affaires Familiales (lire ce témoignage) , écrivait en 2014 que des études sérieuses démontrent les risques de la résidence alternée, à tout âge. En 2016, Gérard Poussin l’a contredit dans un argumentaire complet et rigoureux

Tout d’abord les études cliniques de cas n’apportent pas de preuves scientifiques. Il faut bien distinguer deux approches fort différentes :

-> l’approche psychanalytique (sur des études de cas) qui n’a rien de scientifique et pour laquelle la relation père-enfant ne compte pas!

->  L’approche scientifique (randomisée) faite sur un grand nombres de cas, avec une méthodologie scientifique.

Concernant l’étude scientifique à proprement parler, sur les 44 recensées entre 1977 et 2013 sur les enfants de plus de 6 ans, G. Poussin cite 1 seule étude négative mais avec des biais reconnus par les auteurs (affirmation d’un besoin de prudence sur les résultats), 7 études neutres et 36 qui démontrent certains avantages à la résidence alternée.

Pour les enfants d’âge préscolaire, un article de Warshak de 2014 critique fortement les défauts méthodologiques des 3 seules études négatives sur la résidence alternée ; différences peu significatives, instrument de mesure peu fiable, petit échantillon, absence du père… Les mêmes auteurs que Berger a cité (McIntosh, Smith, Kelaher) ont affirmé qu’ils n’avaient pas pu prouver que la résidence alternée était nocive! Ils affirment même que la résidence alternée est bénéfique lorsqu’il y a coopération des parents. Pruett, McIntosh et Kelly en 2014 ont même déclaré à ceux qui ont utilisé leurs études comme preuve dans les tribunaux, qu’il n’y avait pas de preuves sur le sujet des nuitées chez les jeunes enfants.

C’est pourtant au nom de ces résultats présentés de manière très personnelle que M. Berger conseille les politiques, les médias, les parents. Il s’agit là à minima d’erreurs regrettables, au pire d’une usurpation.

D’ailleurs, Berger a déjà fait preuve de telles pratiques avec une utilisation inconvenante du nom du célèbre pédiatre M. Brazelton.

A l’opposé, de nombreuses études parmi celle de référence utilisées  par Berger lui-même apportent des preuves sur les effets positifs de la résidence alternée et montrent que celle-ci est bénéfique aux enfants.
Depuis, de nombreuses études récentes ont pu prouver sans l’ombre d’un doute le bénéfice de la résidence alternée sur les enfants de parents séparés, y compris en bas âge.