La magistrature aurait pu appliquer à elle-même le principe du débat contradictoire qu’elle connait si bien et écouter également d’autres professeurs tout aussi éminents que M Berger.

Dans une chronique de juin 2006, Maître Franck Méjean témoigne de l’influence discutable des positions du professeur Berger.

« Depuis l’entrée en vigueur de la Loi du 4 mars 2002, je me heurte, assez régulièrement, et je vous en ai déjà parlé, à des jurisprudences hostiles qui, se fondant sur des travaux de pédopsychiatres discutables, rejettent la résidence alternée et la voue aux gémonies. Certes, le Juge est libre et c’est d’ailleurs son devoir de statuer, dans l’intérêt de l’enfant, en son âme et conscience. Encore faut-il que sa réflexion, sur ce point, apparaisse nettement et son refus ne peut pas être uniquement fondé sur l’opinion de tel ou tel psychiatre ou psychologue. Pourtant, bon nombre de décisions nous ont renvoyé à nos chères études sans autre motivation. La Présidente de la Chambre de la Famille du Tribunal de Grande Instance de PERPIGNAN avait amorcé, il y a quelque temps, une jurisprudence intéressante sur ce point. Elle devait, dans une ordonnance, clairement indiquer que si certains pédopsychiatres, dont le Professeur BERGER, étaient fondés à se prononcer contre la résidence alternée, d’autres, tout aussi éminent, la reconnaissaient comme une alternative crédible. Cependant, autant de Juge aux Affaires Familiales, autant de jurisprudences. ».